追寻律师的传统 – in search of the lawyers’ tradition – Francais

  
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一百多年前,上海租界的法庭上出现了律师的身影。1904年发生震惊一时的“苏报 案”,国学深湛的章太炎和少年邹容相继入狱,清廷作为原告,与他们这些被告,分别聘请外国律师,就言论有罪还是无罪的问题,在法庭上展开一场又一场唇枪舌 战,每次的公开审理,《申报》等报纸都有追踪报道。结果,不可一世的朝廷也未能如愿以偿。虽然,我们今天已很难知道,在这一起载入青史的文字狱中,律师的 出场,对于最后的审判到底起了多大的作用,但这一幕永远留在了我的记忆深处。

不过,那只是发生在上海的租界里,在清廷按照前法治方式垂拱而治的地方,律师在那时仍是一个完全陌生的社会角色,在我们的民族记忆里只有不具合法地位的讼 师。“苏报案”三年以后,鉴湖女侠秋瑾在浙江绍兴被杀戮时,没有法庭公审,没有律师辩护,没有最后陈述,一句话,还没有一切近代的法律程序,只有秋瑾留下 的一句绝笔:“秋风秋雨愁煞人”,百年来回荡不息。

1912年元旦,亚洲第一个共和国——中华民国横空出世,浙江、江苏各地的律师就要发起律师公会,上海14名律师成立了“中华民国辩护士会”(或称“中华 民国律师总公会”,到年底解散时已有170多会员)。当年9月12日,司法部颁布《律师暂行章程》,正式确立了律师的地位。虽然在此之前,1910年颁布 的刑法草案已经为律师的存在提供了法律依据,少量的本国律师事实上也开始在上海这样的通商口岸执业。到1913年8月,全国有1520位律师获得执照,多 数在日本学习过法律,少数毕业于本国的法政学校。 

1913年,青年邵飘萍时在杭州办《汉民日报》,因笔下不留情得罪当地权势人物,被告上法庭,浙江第一律师公会会长阮性存律师出庭为他辩护,以胜诉告终。 在“宋教仁案”中,律师杨景斌为成了众矢之的嫌疑人应桂馨辩护,在几乎一边倒的公众舆论和政治情绪的压力之下,他却要求保证嫌犯的人身安全,要求嫌犯在上 海地方审判厅受审,以保证司法制度的独立,等等,结果被司法部吊销了执照,上海和周边各地律师公会纷纷为他执言。这是律师为捍卫合法程序和律师职业权利做 的一次努力。此后,在许多重大历史事件中,我们都能听到律师的声音,看到他们傲然独立的姿态。一些在政坛上浮沉多年的人物,在离开权力场之后,也会选择律 师作为自己安身立命的职业,做过国会议员的刘崇佑、沈钧儒,做过教育总长、司法总长的学者、政论家章士钊,曾参与起草《临时约法》、在民国前十五年三任司 法总长的法学家张耀曾,做过大理院院长、司法总长、法制编纂馆的董康……,都是当年享有盛名的大律师。

1927年7月,国民党南京政府颁布新的《律师章程》及《律师登录章程》,其中最显著的变动就是女性也可以成为律师。中国的法庭上因此出现了史良这样年轻 的女律师,她于1927年毕业于私立上海法科大学,能背诵“六法全书”,几年后拿到律师资格,1931年开始在上海执业。到1937年,仅上海律师公会就 有1328名律师。从1918年到1933年,东吴大学法学院645名毕业生中,有228名在上海做律师,其中包括9个女性。 

历史不会忘记,1933年4月,国民党主宰下的江苏高等法院公开审理陈独秀等“危害民国”案,与陈独秀一起办过杂志、政见并不相同的老朋友章士钊挺身而 出,义务为他辩护,在法庭上雄辩滔滔,从法理、逻辑和事实多方面证明,“政府不等于国家”,“反对国民党及其政府,并非反对国家”。他的辩护词洋洋万言, 经当时《申报》、《大公报》等报刊的报道、转载,轰动视听。国民党《中央日报》社长程沧波发表社论《今日中国之国家与政府——答陈独秀及章士钊》,进行反 驳,章士钊则在《申报》发表《国民党与国家》一文予以回击,这场法庭内外的论战,不仅凸显出当年律师的风采,更让后人感慨的是章士钊的辩护词和陈独秀的自 辩词,当年一经出版,就被一些大学的法学院列为了必备的参考书。我们从中可以深刻地体悟到,律师不是孤立的,没有新闻界、出版界、教育界等领域存在的正 气,没有社会各层面的合力,无论是多么有胆气、有职业水准、有道义追求的律师也不太能有什么作为。换言之,没有社会大舞台上的各种角色,律师不可能单独演 出精彩的活剧。章士钊律师的辩护未能改变国民党方面对陈独秀的审判结果,但他维护了法律和律师的尊严。

发生在抗日战争前夕的“七君子案”,沈钧儒等七君子因为组织“救国会”、号召抗日而入狱,七个人中律师就占了四个(沈钧儒、沙千里、史良、王造时),为他 们七人辩护的律师团更是一个庞大的阵容,21名律师皆一时之选,包括张耀曾、李肇甫、陈志皋、江庸、汪有龄、江一平、刘崇佑、张志让等,当年中国律师界的 精华几乎倾巢而出。这些律师既有做过司法总长、国会议员、大理院(最高法院)审判长的,也有大学法学院院长、教授,上海和苏州的律师公会会长,其中许多名 律师都是仗义而来,义务为他们辩护。“七君子”的政治观点,他们并不是完全认同,有的甚至不无分歧,比如对于组织“人民阵线”,张耀曾等律师就不赞同,汪 宝楫之所以做沙千里的代理律师,是因为同乡关系,“尽可能的帮助一个朋友,而不是为了表明某个政治立场”。但是,针对起诉书对七君子“危害国家”的指控, 律师团明确指出起诉书颠倒是非、混淆黑白,是对法律尊严的摧残,也是对历史功罪的妄断。很长一段时间,法庭上和新闻媒体始终回荡着当事人、律师和报人的浩 然正气。

1948年,南京《新民报》被国民党当局下令停刊之后,陈铭德、邓季惺夫妇曾聘请章士钊、江庸、江一平、周一志等六个律师,起草了万言“诉愿书”,从法 律、事实、情理等各个方面进行了有力的申辩,要求撤消处分。这份于情于理于法都无懈可击的“诉愿书”如同石沉大海,最终归于无效。尽管如此,他们诉诸法律 层面的抗争、努力也并非毫无意义。在前法治社会向法治社会转型的时代,公民运用法律的武器,一点一滴地在法制框架内维权,也许没有立竿见影的效果,但是天 长日久,这种积累会导致社会发生实质性的变化。关键是这种努力可持续的、长期的、韧性的,律师的作用也因此举足轻重。这就和那种诉诸一次性的冲动,很过 瘾、很激烈的选择呈现出了不同的方向。在长远来看,前一种选择即渐进的积累所争得的进步无疑更可靠、更坚实。

历史也不会忘记当年律师协会的作用,这个律师行业的团体在社会不义面前并不缺席。1933年,江苏镇江《江声日报》经理兼主笔刘煜生因文字狱而遭枪杀,举 国上下的抗议声浪中不仅有新闻界团体、中国民权保障同盟及其他社会团体的声音,还包括全国律师协会在内,他们公开通电,提出追究、惩办责任者的要求。国民 党当局被迫作出回应,先后发出《保障正当舆论》、《切实保障新闻从业人员》的通令。1936年,沈钧儒、沙千里、史良、王造时等四位上海律师公会成员被 捕,其中沈、沙还是执委会委员,在他们入狱期间,“公会内部从来没有人建议和也从来没有任何行动来填补他们的职位。”相反,1937年8月初,当他们获释 之后,执委会通过决议,为四位会员举行晚宴以致慰问。

当然,律师不仅要维护公民的言论自由、人身自由和生命的权利,律师也担当起了捍卫公民财产权和其他正当权益的职责。年轻的史良早年在上海开律师事务所,就 是因为打民事纠纷官司而一举成名。在她办公室的桌上摆着一个醒目的银盾,上面镌刻着“人权保障”四个字,她不断以此自勉,要做一个正直的律师。律师执业不 仅要直面不按法理、法条出牌的强权,而且要直面形形色色的社会恶势力,包括炙手可热的黑社会、助纣为虐的讼棍(律师界的败类)。张耀曾在上海执业就曾多次 遭遇这样的案件,有人劝他放弃,他说,律师的责任就是保障人权,如果无人在法律上为弱者说话,岂非律师之耻?“虽知与此种恶势力抗,殊多危险,然职责所 在,亦不敢辞。”这些话至今听来依然令人动容。

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9 May, 2012 @ 10:21Current Revision
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-<span>一百多年前,上海租界的法庭上出现了律师的身影。1904年发生震惊一时的“苏报 案”,国学深湛的章太炎和少年邹容相继入狱,清廷作为原告,与他们这些被告,分别聘请外国律师,就言论有罪还是无罪的问题,在法庭上展开一场又一场唇枪舌 战,每次的公开审理,《申报》等报纸都有追踪报道。结果,不可一世的朝廷也未能如愿以偿。虽然,我们今天已很难知道,在这一起载入青史的文字狱中,律师的 出场,对于最后的审判到底起了多大的作用,但这一幕永远留在了我的记忆深处。</span> 
-<span>不过,那只是发生在上海的租界里,在清廷按照前法治方式垂拱而治的地方,律师在那时仍是一个完全陌生的社会角色,在我们的民族记忆里只有不具合法地位的讼 师。“苏报案”三年以后,鉴湖女侠秋瑾在浙江绍兴被杀戮时,没有法庭公审,没有律师辩护,没有最后陈述,一句话,还没有一切近代的法律程序,只有秋瑾留下 的一句绝笔:“秋风秋雨愁煞人”,百年来回荡不息。</span> 
-<span>1912年元旦,亚洲第一个共和国——中华民国横空出世,浙江、江苏各地的律师就要发起律师公会,上海14名律师成立了“中华民国辩护士会”(或称“中华 民国律师总公会”,到年底解散时已有170多会员)。当年9月12日,司法部颁布《律师暂行章程》,正式确立了律师的地位。虽然在此之前,1910年颁布 的刑法草案已经为律师的存在提供了法律依据,少量的本国律师事实上也开始在上海这样的通商口岸执业。到1913年8月,全国有1520位律师获得执照,多 数在日本学习过法律,少数毕业于本国的法政学校。 < wbr></wbr></span> 
-<span>1913年,青年邵飘萍时在杭州办《汉民日报》,因笔下不留情得罪当地权势人物,被告上法庭,浙江第一律师公会会长阮性存律师出庭为他辩护,以胜诉告终。 在“宋教仁案”中,律师杨景斌为成了众矢之的嫌疑人应桂馨辩护,在几乎一边倒的公众舆论和政治情绪的压力之下,他却要求保证嫌犯的人身安全,要求嫌犯在上 海地方审判厅受审,以保证司法制度的独立,等等,结果被司法部吊销了执照,上海和周边各地律师公会纷纷为他执言。这是律师为捍卫合法程序和律师职业权利做 的一次努力。此后,在许多重大历史事件中,我们都能听到律师的声音,看到他们傲然独立的姿态。一些在政坛上浮沉多年的人物,在离开权力场之后,也会选择律 师作为自己安身立命的职业,做过国会议员的刘崇佑、沈钧儒,做过教育总长、司法总长的学者、政论家章士钊,曾参与起草《临时约法》、在民国前十五年三任司 法总长的法学家张耀曾,做过大理院院长、司法总长、法制编纂馆的董康……,都是当年享有盛名的大律师。</span> 
-<span>1927年7月,国民党南京政府颁布新的《律师章程》及《律师登录章程》,其中最显著的变动就是女性也可以成为律师。中国的法庭上因此出现了史良这样年轻 的女律师,她于1927年毕业于私立上海法科大学,能背诵“六法全书”,几年后拿到律师资格,1931年开始在上海执业。到1937年,仅上海律师公会就 有1328名律师。从1918年到1933年,东吴大学法学院645名毕业生中,有228名在上海做律师,其中包括9个女性。 < wbr></wbr></span> 
-<span>历史不会忘记,1933年4月,国民党主宰下的江苏高等法院公开审理陈独秀等“危害民国”案,与陈独秀一起办过杂志、政见并不相同的老朋友章士钊挺身而 出,义务为他辩护,在法庭上雄辩滔滔,从法理、逻辑和事实多方面证明,“政府不等于国家”,“反对国民党及其政府,并非反对国家”。他的辩护词洋洋万言, 经当时《申报》、《大公报》等报刊的报道、转载,轰动视听。国民党《中央日报》社长程沧波发表社论《今日中国之国家与政府——答陈独秀及章士钊》,进行反 驳,章士钊则在《申报》发表《国民党与国家》一文予以回击,这场法庭内外的论战,不仅凸显出当年律师的风采,更让后人感慨的是章士钊的辩护词和陈独秀的自 辩词,当年一经出版,就被一些大学的法学院列为了必备的参考书。我们从中可以深刻地体悟到,律师不是孤立的,没有新闻界、出版界、教育界等领域存在的正 气,没有社会各层面的合力,无论是多么有胆气、有职业水准、有道义追求的律师也不太能有什么作为。换言之,没有社会大舞台上的各种角色,律师不可能单独演 出精彩的活剧。章士钊律师的辩护未能改变国民党方面对陈独秀的审判结果,但他维护了法律和律师的尊严。</span>+C'est dans la cour de justice des concessions étrangères, il y a un siècle, qu'apparaît en Chine la figure de l'avocat. En 1904, "l'affaire du quotidien de Suzhou", où sont emprisonnés l'un après l'autre Zhang Taiyan, lettré versé dans les études nationales, et le jeune Shao Rong, défraie la chronique.La cour impériale des Qing se porte plaignant, et les deux accusés se choisissent des avocats étrangers. S’ouvre alors une série d’audiences où les débats font rage pour savoir s’il y a ou nom crime d’opinion. À chaque séance publique, les journaux comme le Shenbao rendent compte de l’affaire. Résultat, la cour impériale, toute remplie de suffisance, n’obtient pas le résultat qu’elle souhaitait. Aujourd’hui, il nous est difficile de savoir, dans cette affaire d’inquisition littéraire qui est entrée dans les annales, quel rôle a eu l’apparition des avocats dans le jugement final. Reste que cette affaire restera à jamais gravée dans les esprits.<br /><br />Cependant, cette affaire a eu lieu dans les concessions étrangères de Shanghai et, partout où la cour impériale des Qing exerce son autorité politique et juridique, le rôle des avocats reste absolument inconnu. En Chine, nous ne connaissions que la fonction de songshi (n.-d.-t.: équivalent de conseiller juridique pour les personnes qui engageaient des actions judiciaires), qui n’avait d’ailleurs aucun statut légal. Trois ans après «l’affaire du quotidien de Suzhou», lorsque la célèbre aventurière Qiu Jin est exécutée à Shaoxing, il n’y eu aucune audience publique, aucun avocat de la défense, aucune sentence finale, bref, rien de ce qui relève du système juridique moderne. Seule Qiu Jin laissera ces derniers mots qui continuent à résonner après un siècle: «Vent d’automne, pluie d’automne attristent hommes et démons.»<br /><br />Le 1er janvier 1912, avec la naissance de la première république d’Asie, la République de Chine, des avocats du Zhejiang et du Jiangsu créent des associations professionnelles, tandis que 14 de leurs collègues de Shanghai fondent l’ «Association des défenseurs de la République de Chine» (appelée également «Corporation générale des avocats de la République de Chine», qui comptera 170 membres lors de sa dissolution à la fin de l’année 1912). Le 12 septembre de la même année, le ministère de la Justice promulgue les «Statuts provisoires de la profession d’avocat», qui établit officiellement la place des avocats. En réalité, un projet de loi pénale publié en 1910 avait déjà posé les fondements de l’existence de la profession, et un petit nombre d’avocats chinois avaient commencé à exercer dans des ports de commerce comme Shanghai. En août 2013, le pays comptait 1520 avocats certifiés. La plupart avaient étudié le droit au Japon, et une minorité était diplômée des écoles de droit chinoises.<br /><br />En 1913, le jeune Shao Piaoping fondait à Hangzhou le journal Hanmin Ribao. Sa plume acérée n’épargnait personne, ce dont s’offensèrent des personnalités puissantes qui lui intentèrent un procès. Le président de la première corporation d’avocats de la province du Zhejiang, Ruan Xingcun, assura sa défense et remporta le procès. Dans «l’affaire Song Jiaoren», l’avocat Yang Jingbin assura la défense du suspect Ying Guixin, objet de l’opprobre populaire. Malgré l’opinion populaire majoritairement adverse et les pressions politiques, Yang Jingbin demanda à ce qu’on assure la protection personnelle de l’accusé et à ce que l’affaire soit jugée par le tribunal local de Shanghai, de manière à garantir l’indépendance du système judiciaire. Résultat, le ministère de la Justice lui retira sa licence, mais les associations d’avocats de Shanghai et des environs se rangèrent publiquement de son côté. C’est le premier exemple d’initiative visant à protéger la procédure judiciaire. Après cet épisode, les avocats se firent souvent entendre dans des affaires importantes. Des personnalités du monde politique, après la fin de leurs fonctions, choisirent la profession d’avocat comme gagne-pain. Ainsi Liu Chongyou, Shen Junru, anciens membres du parlement, l’intellectuel Zhang Shizhao, ancien ministre de l’Education et de la Justice, le juriste Zhang Yaoceng, un des rédacteurs de la «Constitution provisoire» et trois fois ministre de la Justice au cours des quinze premières années de la République, et Dong kang, ancien président du sénat et ministre de la Justice. Tous ces hommes furent à l’époque des avocats de grande renommée.<br /><br />En juillet 1927, le gouvernement nationaliste de Nankin promulgue les «statuts de la profession d’avocat» et le «règlement pour l’enregistrement des avocats». Le changement le plus notable qu’ils apportent est l’ouverture de la profession aux femmes. De jeunes avocates comme Shi Liang font leur apparition dans les tribunaux chinois. Celle-ci, diplômée de l’Université privée de science juridique de Shanghai connaît sur le bout des doigts le code juridique et commence à exercer à Shanghai en 1931. Six ans plus tard, l’association des avocats de Shanghai compte à elle seule 1328 avocats. De 1918 à 1933, parmi les 1328 étudiants diplômés de l’Institut de droit de l’Université Dongwu, 228 seront avocats à Shanghai, dont 9 femmes.<br /><br />L’histoire a retenu l’affaire Chen Duxiu, accusé de «représenter une menace pour la République» qui s’ouvre en avril 1933 et est jugée publiquement par la cour supérieure de justice du Jiangsu, dirigée par le Guomindang. C’est Zhang Shizhao, ami de longue date de Chen Duxiu, avec qui il avait publié des magazines mais dont les idées politiques diffèrent de son ami, qui assure bénévolement sa défense. Grâce à son éloquence, Zhang Shizhao parvient à apporter les preuves juridiques, logiques et factuelles que «le gouvernement n’est pas la même chose que le pays», et que «s’opposer au Guomindang et au gouvernement ce n’est pas s’opposer au pays». Son plaidoyer éloquent, rapporté dans des journaux comme le Shenbao ou le Dagongbao, enflamme l’opinion publique. Cheng Cangbo, le rédacteur en chef du journal du Guomindang Zhongyang Ribao publie un éditorial intitulé «Le gouvernement et l’Etat de la Chine contemporaine – réponse à Chen Duxiu et Zhang Shizhao», auquel Zhang Shizhao contre-attaque par le texte «Le Guomindang et l’Etat», publié dans le Shenbao. Cette guerre d’opinion qui se joue à l’intérieur et à l’extérieur du tribunal a permis de mettre en avant le talent des avocats de l’époque. Le plaidoyer de Zhang Shizhao et la défense de Chen Duxiu ont marqué les esprits à tel point qu’ils sont publiés l’année même du procès et deviennent des textes obligatoires de référence pour quelques instituts universitaires de droit.<br /><br />L’affaire dite «des sept gentilhommes» éclate à la veille de la guerre de résistance anti-japonaise. Shen Junru et six autres personnalités sont jetés en prison pour avoir fondé une «Société de secours national» et avoir appelé à résister à l’invasion japonaise. Parmi les sept accusés, quatre sont avocats (Shen Junru, Sha Qianli, Shi Liang et Wang Zaoshi). Pour assurer leur défense, une équipe de 21 avocats parmi les plus importants de l’époque, notamment Zhang Yaoceng, Li Zhaofu, Chen Zhigao, Jiang Yong, Wang Youling, Jiang Yiping, Liu Chongyou, Zhang Zhirang, soit la fine fleur de la profession qui se presse pour former une unité d’élite. L’équipe comprend un ancien ministre de la Justice, des membres du parlement national, un juge de la Cour suprême, ainsi que des directeurs d’instituts universitaires de droits, des professeurs, les présidents des associations d’avocats de Shanghai et du Jiangsu. Nombre d’entre eux se sont mobilisés par désir de justice et assurent bénévolement la défense des accusés. Ils sont d’ailleurs loin de partager entièrement les opinions politiques de ces derniers; certains ont même des divergences notables, notamment à propos de la formation de «fronts populaires», idée à laquelle s’oppose Zhang Yaoceng, l’un des avocats. Wang Baoji accepte d’assurer la défense de Sha Qianli en raison de leur origine géographique commune: «Je veux faire tout mon possible pour venir en aide à un ami, mais il ne s’agit pas d’affirmer une position politique.» L’équipe d’avocats réfute l’accusation de «menace pour l’Etat» et montre clairement que l’acte d’accusation présente les faits à l’envers, représente un dommage sévère à l’égard du droit et un jugement historique absurde. Pendant un long moment, la cour de justice et les médias d’information sont le théâtre où se donne à voir l’esprit de justice et de noblesse des accusés, de leurs avocats et des journalistes.<br /><br />En 1948, suite à l’interdiction de publication adressée au journal Xinmin bao par les autorités du Guomindang, le couple Chen Mingde et Deng Jixing font appel à six avocats, dont Zhang Shizhao, Jiang Yong, Jiang Yiping et Zhou Yizhi, pour rédiger un projet de « pétition », dans laquelle ils avancent des arguments de poids basés sur le droit, l’analyse des faits et le bon sens, et où ils appellent à lever la punition. Cette pétition pourtant imparable du point de vue du droit et de la raison se révèle pourtant finalement sans effet. Cela étant, les efforts et la résistance qu’ils ont déployés du point de vue du droit ne sont pas tout à fait sans intérêt. Dans une période de transition vers une société de droit, le recours à l’arme juridique par les citoyens contribue petit à petit à la préservation du droit dans le cadre du système juridique, et même si les résultats n’en sont pas immédiats, cette accumulation contribue à la longue à une métamorphose substantielle de la société. Pour peu que ces efforts soient durables, pérennes et tenaces, les avocats auront un poids de plus en plus importants. A l’inverse, le choix d’un élan unique, pour excitant et enthousiaste qu’il soit, produit des effets bien différents. A long terme, les progrès obtenus par la première option se révèlent, à n’en pas douter, plus solides et plus sûrs.<br /><br />L’histoire n’oubliera pas non plus le rôle joué la même année par l’association des avocats, cette organisation professionnelle qui ne s’est pas tue face à l’injustice de la société. En 1933, le <br /><br />Directeur et rédacteur en chef du journal Jiansheng Ribao, Liu Yusheng, de la ville de Zhenjiang dans le Jiangsu, est fusillé à la suite d’une inquisition littéraire. Cette affaire a suscité une vague de protestation, non seulement du monde de la presse, mais aussi de la Ligue chinoise de protection des droits des citoyens et de nombreux groupes sociaux, notamment l’Association nationale des avocats, qui a envoyé publiquement des télégrammes invitant à la poursuite et à la punition des responsables. Les autorités du Guomindang, sommées de répondre, publièrent successivement deux circulaires générales : « Protection de la légalité de l’opinion publique » et « Protection des professionnels de l’information ». En 1936, Shen Junru, Qian Shali, Shi Liang et Wang Zaoshi, tous membres de la Corporation des avocats de Shanghai, sont arrêtés. Shen Junru et Qian Shali sont à l’époque membres du comité exécutif et pendant leur période d’emprisonnement, « aucun membre de la corporation n’a appelé à ou n’a agit pour les suppléer ». Au contraire, à leur libération début août 1937, le comité exécutif a décidé par résolution d’organiser un banquet en l’honneur de ces quatre membres.<br /><br />Bien entendu, les avocats ne se sont pas contentés de protéger la liberté d’expression, la liberté individuelle et le droit à la vie des citoyens, mais ils ont également endossé la responsabilité de défendre le droit de propriété et les autres intérêts légitimes des citoyens. Dans ses premières années d’exercice, la jeune Shi Liang s’est justement fait un nom en portant devant les tribunaux des litiges d’ordre civil. Sur son bureau était posé un bouclier en argent, sur lequel étaient gravés les mots « protéger les droits de l’homme », par lesquelles elle s’encourageait à être une avocate honnête. La profession d’avocat doit non seulement affronter les puissances qui ne respectent pas les lois et règlements, mais aussi toutes sortes de groupes d’intérêts néfastes, y compris les mafias et les avocats véreux à leurs ordres (qui sont le rebut de la profession). Au cours de sa carrière, Zhang Yaoceng a été confronté à plusieurs reprises à de telles affaires. Chaque fois qu’on l’enjoignait d’abandonner, il répondait que la responsabilité des avocats était précisément de défendre les droits de l’homme, et que la profession aurait perdu son honneur si personne ne défendait juridiquement les faibles. « Même si je sais que s’opposer à ces puissances néfastes comporte des dangers, il en va de ma responsabilité, c’est pourquoi je ne renoncerai pas. » Même aujourd’hui, ce genre de paroles n’a pas perdu de sa force.
-<span>发生在抗日战争前夕的“七君子案”,沈钧儒等七君子因为组织“救国会”、号召抗日而入狱,七个人中律师就占了四个(沈钧儒、沙千里、史良、王造时),为他 们七人辩护的律师团更是一个庞大的阵容,21名律师皆一时之选,包括张耀曾、李肇甫、陈志皋、江庸、汪有龄、江一平、刘崇佑、张志让等,当年中国律师界的 精华几乎倾巢而出。这些律师既有做过司法总长、国会议员、大理院(最高法院)审判长的,也有大学法学院院长、教授,上海和苏州的律师公会会长,其中许多名 律师都是仗义而来,义务为他们辩护。“七君子”的政治观点,他们并不是完全认同,有的甚至不无分歧,比如对于组织“人民阵线”,张耀曾等律师就不赞同,汪 宝楫之所以做沙千里的代理律师,是因为同乡关系,“尽可能的帮助一个朋友,而不是为了表明某个政治立场”。但是,针对起诉书对七君子“危害国家”的指控, 律师团明确指出起诉书颠倒是非、混淆黑白,是对法律尊严的摧残,也是对历史功罪的妄断。很长一段时间,法庭上和新闻媒体始终回荡着当事人、律师和报人的浩 然正气。</span> 
-<span>1948年,南京《新民报》被国民党当局下令停刊之后,陈铭德、邓季惺夫妇曾聘请章士钊、江庸、江一平、周一志等六个律师,起草了万言“诉愿书”,从法 律、事实、情理等各个方面进行了有力的申辩,要求撤消处分。这份于情于理于法都无懈可击的“诉愿书”如同石沉大海,最终归于无效。尽管如此,他们诉诸法律 层面的抗争、努力也并非毫无意义。在前法治社会向法治社会转型的时代,公民运用法律的武器,一点一滴地在法制框架内维权,也许没有立竿见影的效果,但是天 长日久,这种积累会导致社会发生实质性的变化。关键是这种努力可持续的、长期的、韧性的,律师的作用也因此举足轻重。这就和那种诉诸一次性的冲动,很过 瘾、很激烈的选择呈现出了不同的方向。在长远来看,前一种选择即渐进的积累所争得的进步无疑更可靠、更坚实。</span> 
-<span>历史也不会忘记当年律师协会的作用,这个律师行业的团体在社会不义面前并不缺席。1933年,江苏镇江《江声日报》经理兼主笔刘煜生因文字狱而遭枪杀,举 国上下的抗议声浪中不仅有新闻界团体、中国民权保障同盟及其他社会团体的声音,还包括全国律师协会在内,他们公开通电,提出追究、惩办责任者的要求。国民 党当局被迫作出回应,先后发出《保障正当舆论》、《切实保障新闻从业人员》的通令。1936年,沈钧儒、沙千里、史良、王造时等四位上海律师公会成员被 捕,其中沈、沙还是执委会委员,在他们入狱期间,“公会内部从来没有人建议和也从来没有任何行动来填补他们的职位。”相反,1937年8月初,当他们获释 之后,执委会通过决议,为四位会员举行晚宴以致慰问。</span> 
-<span>当然,律师不仅要维护公民的言论自由、人身自由和生命的权利,律师也担当起了捍卫公民财产权和其他正当权益的职责。年轻的史良早年在上海开律师事务所,就 是因为打民事纠纷官司而一举成名。在她办公室的桌上摆着一个醒目的银盾,上面镌刻着“人权保障”四个字,她不断以此自勉,要做一个正直的律师。律师执业不 仅要直面不按法理、法条出牌的强权,而且要直面形形色色的社会恶势力,包括炙手可热的黑社会、助纣为虐的讼棍(律师界的败类)。张耀曾在上海执业就曾多次 遭遇这样的案件,有人劝他放弃,他说,律师的责任就是保障人权,如果无人在法律上为弱者说话,岂非律师之耻?“虽知与此种恶势力抗,殊多危险,然职责所 在,亦不敢辞。”这些话至今听来依然令人动容。</span> 

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French-Australian writer, educator, sinophile. Any question? Contact julien@marcopoloproject.org